Session WolfGANG #20

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2023-05-20 21:00 2023-05-20 22:45 60 Canada/Eastern 🎟 CNA : Session WolfGANG #20

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20e édition!
Préparez vous à quelques surprises Les Sessions WolfGANG au Club SAW est une soirée musicale qui ne manquera pas de mordant. Invitez vos amis les plus aventureux et embarquez-les dans une soirée de Musique de Chambre surprenante avec vos musiciens préférés de l'Orchestre du CNA.   Yuhwa (The Goddess of the Willow Trees) pour flute solo, par Adolphus Hailstork - Copyright © 2020 , Theodore...

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En ligne
samedi 20 mai 2023
21 h HAE
Diffusion en direct

Programme

Dernière mise à jour: 15 mai 2023

ADOLPHUS HAILSTORK Yuhwa (The Goddess of the Willow Trees) pour flûte seule

JOCELYN MORLOCK Blue Sun pour violon et alto

SEAN RICE Nouvelle œuvre pour clarinette basse

KATHERINE HOOVER Kokopeli pour flûte seule

ELEANOR ALBERGA Succubus Moon pour hautbois et quatuor à cordes

Répertoire

ADOLPHUS HAILSTORK

Yuhwa (The Goddess of the Willow Trees) pour flûte seule

Le compositeur américain Adolphus Hailstork (né en 1941) est renommé de longue date pour ses œuvres qui allient magistralement des éléments éclectiques issus des traditions musicales européennes, euro-américaines et afro-américaines, et qui mettent souvent la mélodie de l’avant. Originaire du nord de l’État de New York, il a obtenu des diplômes de composition à l’Université Howard, à la Manhattan School of Music et à l’Université de l’État du Michigan. En 1963, il a suivi un cours au Conservatoire américain de Fontainebleau, en France, dispensé par la célèbre compositrice et pédagogue Nadia Boulanger. Il réside actuellement à Virginia Beach, en Virginie, et est professeur émérite de composition à l’Université Old Dominion.

Il a composé Yuhwa (The Goddess of the Willow Trees) pour flûte seule en 2020, et la flûtiste Mimi Stillman l’a créée en ligne en août de la même année, pendant la pandémie de Covid. Selon la description de l’œuvre qui l’accompagne, elle s’inspire de la légende de la déesse Yuhwa dans la mythologie coréenne. « Fille d’un dieu de la rivière, Yuhwa fut amenée par la ruse à épouser le dieu du soleil. Elle s’est enfuie et a donné naissance à un fils qui est devenu le fondateur et le monarque du royaume du nord de la Corée. Le saule symbolique est considéré comme une source de guérison dans le folklore coréen et ailleurs dans le monde. »

L’élégante pièce de M. Hailstork met en lumière les possibilités lyriques et expressives de la flûte, à l’aide de motifs mélodiques entraînants qui alternent avec des arpèges florissants et des notes en cascade.

Jocelyn Morlock

Blue Sun pour violon et alto

Les interprètes ont pu constater que de nombreuses compositions de Morlock leur laissent une certaine autonomie expressive qui les rend agréables à jouer. Sa pièce Blue Sun pour violon et alto, composée en 1998, est écrite de manière à encourager la liberté d’interprétation entre les deux instruments, créant ainsi une sorte d’intimité particulière au moment de l’exécution. Comme elle l’indique dans la partition :

Cette pièce s’articule en sept courtes sections, qui doivent être jouées sans pause. Les deux interprètes lisent la partition. Parfois, la notation proportionnelle est utilisée; à d’autres moments, les rythmes sont indiqués pour l’un des instruments tandis que l’autre dispose d’une plus grande liberté de jeu. Ne vous préoccupez pas trop de l’endroit exact où vous devez jouer la musique notée de façon proportionnelle : insérez-la verticalement entre les notes de l’autre instrumentiste, tout simplement.

En ce qui concerne le sujet de l’œuvre, Morlock le présentait ainsi :

L’expression Blue Sun (« soleil bleu ») fait référence à l’image persistante ou au soleil fantôme qui subsiste dans votre champ de vision après avoir regardé l’astre du jour. Ces pièces ont été écrites à la suite d’une rencontre avec de la musique folklorique qui me hantait; bien qu’elles ne soient pas basées sur elle, les états d’âme caractéristiques de la musique folk les imprègnent néanmoins, s’attardant comme l’image rémanente du soleil.

SEAN RICE

Nouvelle œuvre pour clarinette basse

Animateur des Sessions WolfGANG et deuxième clarinette de l’OCNA, Sean Rice interprète une nouvelle œuvre pour clarinette basse, qu’il a créée spécialement pour ce concert. Il présentera la pièce sur scène.

KATHERINE HOOVER

Kokopeli pour flûte seule

La flûtiste américaine Katherine Hoover (1937-2018) a connu une carrière à multiples facettes, œuvrant à la fois comme interprète, compositrice et chef d’orchestre à New York. Après des études à l’Eastman School of Music et à la Manhattan School of Music (où elle a ensuite enseigné), elle a commencé à écrire de la musique au début des années 1970, à une époque où peu de femmes connaissaient le succès comme compositrices dans le monde de la musique classique contemporaine, dominé par les hommes. Sa production va de compositions pour instruments solistes et de pièces vocales à la musique de chambre et aux œuvres orchestrales, dans lesquelles la compositrice, qui se considérait comme une conteuse d’histoires, évoque des images et stimule les émotions et les sens des auditoires. La flûtiste Zara Lawler a déjà décrit la musique de Hoover comme étant « stimulante et satisfaisante pour les interprètes, tout en étant belle et significative pour le public. Sa musique vous laisse beaucoup d’espace pour vous exprimer, et pourtant, elle est indéniablement reconnaissable à chaque interprétation. »

Plusieurs des œuvres de Hoover s’inspirent des paysages et des cultures autochtones américaines du sud-ouest des États-Unis, comme l’Arizona et le Nouveau-Mexique, car elle était attirée, disait-elle, par « le calme spirituel de la région, les couleurs du ciel et la topographie inusitée ». Kokopeli pour flûte seule est l’une de ces pièces; c’est probablement son œuvre la plus connue, et un classique contemporain du répertoire pour flûte depuis qu’elle a été composée en 1990.

Voici en quels termes elle évoquait elle-même cette œuvre :

Kokopeli, le joueur de flûte, était un grand mahu, ou héros légendaire des Hopis, et d’autres peuples autochtones vivant dans la région du sud-ouest des États-Unis. On dit qu’il a mené les migrations à travers les montagnes et les déserts, le son de sa flûte résonnant dans les grands canyons et les falaises. Dans cette pièce, je me suis efforcée de capturer une partie de cette sensation d’espace et de la profonde parenté des Hopis avec cette terre. Cette œuvre a également été influencée par les mélodies et les sons de la flûte traditionnelle autochtone.

L’interprète dispose d’une grande liberté pour façonner sa lecture de Kokopeli, une œuvre très ouverte qui laisse place à l’improvisation. Cette liberté est favorisée, en partie, par l’absence de divisions en barres de mesure dans la partition. Dans un entretien qu’elle accordait à Flute Talk en 2002, Hoover s’en expliquait comme suit : « Je voulais que les longues phrases fluides puissent être interprétées librement, sans les murs que créent les barres de mesure. En l’absence de barres de mesure, les interprètes réagissent aux sons de l’œuvre ainsi qu’à l’acoustique de la salle, ce qui devrait influencer le tempo, l’interprétation et la durée des silences et des fermatas [pauses]. »

ELEANOR ALBERGA

Succubus Moon pour hautbois et quatuor à cordes

Née en 1949 à Kingston, en Jamaïque, Eleanor Alberga est une compositrice britannique très appréciée, qui a reçu des commandes des BBC Proms et de la Royal Opera House, à Covent Garden. Sa musique, qu’il s’agisse de pièces pour instruments solos, d’œuvres symphoniques de grande envergure ou d’opéras, est jouée dans le monde entier. Après avoir étudié le piano et le chant à la Royal Academy of Music de Londres, elle a entamé une carrière de pianiste soliste qui s’est rapidement enrichie de la composition avec son arrivée, en 1978, au London Contemporary Dance Theatre (LCDT), dont elle allait devenir ultérieurement la directrice musicale, dirigeant, composant et se produisant dans le cadre des nombreuses tournées de la compagnie. Après avoir quitté le LCDT, elle s’est consacrée entièrement à sa vocation de compositrice et, depuis lors, l’intérêt suscité par sa musique, tous genres confondus, a pris rapidement de l’ampleur. En 2015, son œuvre de commande ARISE, ATHENA!, écrite pour l’ouverture de la dernière soirée de la saison des BBC Proms, a consolidé sa réputation de compositrice d’une grande originalité et d’un art consommé. Elle a été élue membre de la Royal Academy of Music en 2020 et a été reçue au sein de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) sur la liste d’honneur de l’anniversaire de la Reine, en 2021, pour services rendus à la musique britannique.

Succubus Moon, pour hautbois et quatuor à cordes, a été commandée par le City of London Festival et créée en 2007 par Alexei Ogrintchouk et le Psophos Quartet. Dans un entretien accordé à Sound Currents sur les ondes du 91,9 Classical Kansas City, la compositrice racontait que ce qui l’avait inspirée pour écrire cette pièce était le désir de surmonter sa peur enfantine de l’obscurité, qui avait refait surface lorsqu’elle et son mari, le violoniste Thomas Bowes, avaient quitté Londres pour s’installer à la campagne anglaise. « Il s’agit de l’attrait et de la beauté de la nuit et de la lune, mais aussi des craintes, je pense, que beaucoup d’enfants et d’adultes éprouvent à l’égard de l’obscurité et du fait de ne pas savoir ce qui se trouve dehors. »

Voici en quels termes elle décrit elle-même Succubus Moon :

Le romantique et le démoniaque se côtoient dans cette œuvre. Au fil des siècles, l’humanité a interprété sa peur de l’obscurité et de l’inconnu comme étant causée par des êtres et des superstitions extérieures à elle; l’une de ces interprétations a donné lieu au mythe des incubes et des succubes, des présences maléfiques qui font du mal aux humains. La pièce juxtapose la lune éthérée, impassible et miroitante, à l’obscurité impénétrable de la nuit, où règne la succube démoniaque et séduisante. Le hautbois est le principal protagoniste, dictant l’ambiance ou reprenant ce que les cordes ont mis en place. Les cordes ont leurs propres épisodes, et se joignent parfois au hautbois dans le matériau principal.

La musique passe d’une faible densité à des sections rythmiques plus appuyées, à des moments oniriques et lunaires, pour finalement se perdre dans le lointain. Vers la fin, on peut entendre un accord inattendu de do majeur – comme une lueur d’espoir tandis que la lune brille au cœur de la terreur primitive.

Notes de programme compilées et rédigées par Hannah Chan-Hartley (traduit de l’anglais)

Artistes

  • Paul Casey
    alto Paul Casey
  • flûte Joanna G’froerer
  • hautbois Anna Petersen
  • violon Marjolaine Lambert
  • violon Mintje van Lier
  • violon Zhengdong (Zane) Liang
  • violoncelle Leah Wyber
  • Hôte et clarinette basse Sean Rice