Échos de la presse

« Ostermeier exploite les angoisses de la société et esthétise les traumatismes de la bourgeoisie cultivée pour en faire un théâtre intellectuel compatible avec la masse. Pour cela, il met en œuvre un savoir-faire quasiment parfait associé à une dramaturgie raffinée sans pour autant laisser de côté certains éléments du boulevard. Comme à son habitude, il sait utiliser la musique pop avec brio. Avec Hedda Gabler, il prouve que les classiques anciens et modernes ne sont relégués au passé que par de mauvais metteurs en scène. Avec un travail d’adaptation approprié, le théâtre est, par son authenticité et sa profondeur, supérieur au cinéma. Bravo!
     Willy Theobald, Financial Times Deutschland, 28/10/2005

« Ostermeier dirige la pièce avec sérieux, concentration et précision, rigueur et minimalisme scénique pour la mener jusqu’à nos jours et viser nonchalamment au cœur notre société de consommation aux pieds d’argile. Sa façon de mettre en lumière l’existence humaine dans une esthétique lisse, par le truchement de la musique, d’une scène tournante et d’effets-miroir ou vidéo, est d’une extrême froideur qui suggère au premier abord la transparence, la clarté, l’élégance et des relations bien ordonnées, pour ne dissimuler rien d’autre que le vide. »
     Christine Dössel, Süddeutsche Zeitung, 29/10/05

« Dans un décor tournant chic, tout en reflets et transparence (Jan Pappelbaum), la mise en scène de Thomas Ostermeier raconte en fait l’histoire d’un minimalisme exacerbé. Il faut pour cela oublier d’abord les figures masculines désuètes d’Henrik Ibsen avec tous leurs complexes de tantes et de prostituées. L’héroïsme pantouflard, relique du 19e siècle qui marque encore la mise en scène malgré l’ajout d’ordinateurs et de téléphones portables, n’a bien vite plus aucune espèce d’importance. Car la Hedda qu’incarne Katharina Schüttler dépasse sans aucun mal toutes les limites sociales ou familiales d’habitude associées à ce rôle. Contrairement à ses prédécesseurs de renom dans de récentes mises en scène, la petite mais très grande Schüttler ne joue pas une fille de général fière et mal mariée. Elle n’est pas non plus une névrosée ennuyée ou une hystérique élégiaque. La Hedda Gabler berlinoise est bien plus radicale : c’est une méchante fille. Mordante, blonde, pas belle, avec un pouvoir d’attraction fatal. Une femme mortelle, qui survit tant qu’elle joue. »
     Peter von Becker, Der Tagesspiegel, 14/05/06

« Hedda Gabler est parfois rapprochée par son tragique destin de la désespérée Emma Bovary. Pourtant, l’héroïne d’Ibsen possède une violente ambivalence faisant plutôt penser à une figure mythologique. De l’image terne d’une femme bourgeoise rongée par l’ennui, il ne reste rien, Ostermeier revisite le classique du Norvégien avec une sensibilité à la hauteur de la complexité d’un personnage brisé. Une Hedda Gabler aussi fragile que perverse. Sublime et bouleversant. »
     Elsa Assoun, ruedutheatre.eu, 20/10/06

« L’équipe artistique est liguée pour donner une densité de diamant à cette représentation de l’irreprésentable. Sous la férule précise du metteur en scène, les comédiens sont d’une puissance et d’une précision magnifique. (…) Une vision aussi forte que dérangeante. Comme Ibsen. »
     Armelle Héliot, Le Figaro, 01/02/07

« Il a bâti sa réputation sur un théâtre en rupture avec la tradition. Aujourd'hui, l'Allemand Thomas Ostermeier semble faire amende honorable en reprenant de manière très classique Maison de poupée, d'Ibsen, et en créant l'infiniment plus sombre Hedda Gabler, du même auteur. Dans le rôle-titre, la comédienne Katharina Schüttler porte l'art du jeu à des sommets rarement atteints. »
     Télérama, 03/02/07

« En s'emparant d'Hedda Gabler, après s'être approprié la Nora d'Une maison de poupée, Ostermeier aime les personnages d'Ibsen, leurs angoisses de perte, leurs mensonges vitaux, leur dévorante convoitise de la sécurité matérielle. Il comprend la couardise de Tesman, la folie intelligente de Lovborg, la rapacité manœuvrière de Brack, et enfin la lâcheté d'Hedda, cette solitaire, matérialiste, dissimulatrice. Qui couve en son ventre un enfant, et détient en son salon un trésor : le manuscrit du premier amoureux est ici un computer-book, un PC noir. Ce n'est pas un livre qu'elle brûle, c'est un ordinateur qu'à coups de marteau elle fracasse. Bien fait. »
     Mathilde La Bardonnie, Libération, 03/02/07

« Les interprètes des six personnages de ce drame sont exemplaires. Mais que dire de Katharina Schüttler (Hedda), petit bout de femme qui montre une présence exceptionnelle? Elle surprend à chaque instant. Quand elle flingue des vases remplis de fleurs au début de la pièce. Quand elle casse l'ordinateur par qui le malheur pouvait arriver, jusqu'à le jeter dans le feu du barbecue. Elle ira jusqu'au bout de sa logique. Coup de feu sans retour. Un jeu à couper le souffle. »
     Jean-Pierre Bourcier, La Tribune, 06/02/07

« L'héroïne d'Henrik Ibsen vue par Thomas Ostermeier : magistral. Détruire, dit-elle. Détruire en elle, autour d'elle, toute étincelle de vie, toute promesse de bonheur. Telle est Hedda Gabler, une des plus extraordinaires héroïnes sorties du cerveau fertile du dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828-1906). Une de celles qui hantent le plus fréquemment nos scènes, aussi, tant les actrices ont envie de se mesurer à ce personnage-monstre. La voici aujourd'hui vue par Thomas Ostermeier. Le jeune directeur de la Schaubühne de Berlin avait déjà offert, au Festival d'Avignon 2004, une saisissante vision de Maison de poupée. Ibsen lui réussit: c'est magistral. »
     Fabienne Darge, Le Monde, 08/02/07

Quelques critiques anglophones

Enter Hedda, Modern Chic but Still Fighting Boredom
     Charles Isherwood, The New York Times, 30/11/06

Practically everybody knows how “Hedda Gabler” ends. (A hint to jog your memory: Bang!) The inquiring intelligence of the German director Thomas Ostermeier finds a way to put a startling — and mordantly funny — spin on the play’s famous denouement in his production of Ibsen’s classic at the Harvey Theater of the Brooklyn Academy of Music this week. His sleek contemporary staging does not elide the fatal gunshot, but it subtly transforms what immediately follows, consigning our 21st-century heroine to oblivion with a dry comment on our unshockable age that is actually, uh, shocking.
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Bring Me the Hedda of Thomas Ostermeier
German Director Thomas Ostermeier Puts a Mordant Spin on Ibsen's Classic Pla
     Joe Ireland, The Hunter Envoy, 12/20/06

One of Norwegian playwright Henrik Ibsen's later and more astringent works, Hedda Gabler stirred and polarized audiences when it was first produced in 1891. Now, drawing on the play's innate acidity, German director Thomas Ostermeier transforms Ibsen's poignant four-act drama into a streamlined and grimly ironic portrait of modern social dissolution, in a gleefully menacing adaptation, which enjoyed a brief run at the Brooklyn Academy of Music Harvey Lichtenstein Theater from November 28-December 2.
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Hedda Gabler


     Lyn Gardner, The Guardian, 29/02/08

Director Thomas Ostermeier of Berlin's Schaubühne theatre has already taken pot-shots at Ibsen, with his production of A Doll's House, seen here in 2004. His Nora didn't just slam the door on her marriage but cut her husband down to size with a gun. Now he turns his attention to Hedda Gabler, the dissatisfied general's daughter who fills the empty hours of her life as the new bride of a dull academic with a little target practice on the house plants before turning the gun on herself.
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Hedda Gabler
A Cool and Too Calculating Heroin
     Paul Taylor, The Independent, 29/02/08

Thomas Ostermeier's sleekly updated production of Hedda Gabler - now visiting the Barbican from Berlin's Schaubühne am Lehniner Platz - exerts a horrible fascination for the two hours of its uninterrupted duration. Hedda and Tesman return from their honeymoon to a hypermodern house with sliding glass walls. It looks more like an airless display cabinet than a home, and feels as if we are being invited to scrutinise specimen creatures rather than identify with fellow human beings.
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Hedda Gabler: Shocking Then, Shocking Now
     Charles Spencer, The Telegraph, 29/02/08

The director Thomas Ostermeier made his name directing German-language productions in Berlin of the young British dramatists originally discovered by the Royal Court Theatre in the 1990s. In this country Sarah Kane, Mark Ravenhill and the like were known as "in-yer-face" writers. There they were charmingly known as the "blood and sperm" school of dramatists.

Ostermeier has long since moved on from the studio Baracke theatre to the prestigious Schaubühne in Berlin, but what's fascinating about his production of Ibsen's Hedda Gabler is that he treats it as if it were a shocking modern drama - which, of course, it was when Ibsen wrote it in 1890.
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A Thoroughly Modern Hedda - with Thrills
     Kate Kellaway, The Observer, 02/03/08

Watching Thomas Ostermeier's Hedda Gabler (from Berlin's Schaubühne) is like overseeing a radical modern architect converting a listed building with confident recklessness. He has thrown out all the old furniture (and dismissed the servants) and what he retains is a shining shell of a house - and, to some extent, of a play. The set is a ravishing, bold construction of panelled glass upon which September leaves (mentioned in Ibsen's stage directions) are projected - autumnal cinema. The stage revolves; the lighting is an extraordinary mix of dazzle and darkness. Rain is the only curtain these windows will ever have. Sometimes, thanks to a virtuoso use of mirrrors, we look down on the actors from above. A scent of lilies (beautiful and funereal, as Ibsen intended) wafts into the auditorium. Jan Pappelbaum's design could not be more stunning: it is a drama in itself.
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Crédit : Arno Declair